La thèse de doctorat en philosophie sur le mouvement, la sensation et la conscience, de Jean Jaurès
« De la réalité du monde sensible » de Jean Jaurès est une oeuvre philosophique majeure mais méconnue qui explore les fondements de notre perception et de notre compréhension du monde. Jaurès y déploie une analyse rigoureuse des manifestations sensibles de l'existence, cherchant à démêler les liens complexes entre l'expérience subjective et une réalité objective. L'ouvrage est une quête métaphysique profonde, interrogeant la nature même de ce que nous appelons "réel". Le livre s'articule autour de plusieurs concepts centraux. Le mouvement, par exemple, est traité non comme un simple phénomène physique, mais comme une énigme philosophique essentielle. Jaurès examine sa nature intrinsèque, ses implications pour les notions d'être et de devenir, et sa manifestation dans l'univers. Il confronte les idées d'acte et de puissance, d'infini et de fini, pour révéler la dynamique incessante qui sous-tend toute existence. Cette exploration du mouvement est cruciale pour saisir la fluidité et la transformation constantes du monde sensible.L'analyse se poursuit avec une étude approfondie de la sensation, le point de contact primordial entre le sujet et le monde. Jaurès dissèque la mécanique de la perception, interrogeant la relation entre la quantité et la qualité des stimuli sensoriels. Comment les données brutes de nos sens - lumière, son, toucher, goût, odorat - sont-elles transformées en expériences cohérentes et significatives ? L'auteur explore les dimensions psychologiques et physiologiques de ces processus, tout en posant la question cruciale de la fidélité de nos sens à une réalité extérieure. Il démontre que la sensation, loin d'être passive, est une construction active de notre esprit. Un chapitre significatif est dédié à l'espace, concept fondamental qui structure notre perception. Jaurès confronte les grandes traditions philosophiques, de Descartes à Kant et Leibniz, pour examiner si l'espace est une entité objective préexistante ou une forme d'intuition subjective inhérente à la conscience. Cette investigation s'étend à la notion d'infini, explorant sa nature et ses implications pour notre compréhension de l'univers et de notre propre finitude. L'auteur met en lumière les paradoxes et les mystères que recèle la notion d'étendue.Enfin, l'oeuvre culmine avec une réflexion magistrale sur la conscience et sa relation indissociable à la réalité. Jaurès explore la genèse de la conscience, son rôle dans l'organisation du monde sensible et la manière dont le "Moi" se positionne face à l'univers. Il aborde les débats entre idéalisme et réalisme, la fonction du cerveau et de l'organisme dans la pensée et les émotions, et la question ultime de l'unité ou de la dualité entre l'esprit et la matière. L'auteur soutient que la compréhension de la réalité du monde sensible est intrinsèquement liée à une compréhension profonde de la conscience elle-même, de sa capacité à appréhender, interpréter et même modeler la réalité.À travers cette enquête philosophique d'une rare érudition et d'une profondeur saisissante, Jean Jaurès offre une perspective riche et nuancée sur les questions éternelles de l'existence, de la perception et de la connaissance. Son travail invite le lecteur à une introspection critique, à reconsidérer les fondements de sa propre expérience du monde et à s'engager dans une exploration intellectuelle des mystères qui nous entourent. C'est une oeuvre qui, par sa portée et sa rigueur, continue de résonner avec force dans le paysage de la pensée contemporaine, témoignant de la puissance intemporelle de la philosophie à éclairer les aspects les plus complexes de l'expérience humaine.