« – Que faites-vous là ?Deux dames s’approchèrent de nous et après quelques échanges avec mon frère, — Ah oui, je me souviens. Ils devaient venir aujourd’hui.Puis s’adressant à moi,— Ils ne pouvaient pas sonner ?Je ne parlais pas français, mais j’en avais compris le sens, je n’ai pas réagi. Ce jour-là, nous fûmes immédiatement séparés. Elle a vociféré,— On ne tirera rien de ça ! C’est de la graine de vaurien ! Sale schleu, sale rouquin… allez, va-t’en !Cela, je l’avais déjà entendu. »Né en Allemagne juste après la guerre avec, comme signe distinctif, des cheveux roux carotte, Michel commence son enfance à Bruxelles dans un orphelinat : une langue inconnue, catalogué, déscolarisé, exclu, rejeté et maltraité. Un survivant de cette haine d’après-guerre qui a puisé sa force et son courage dans l’adversité afin de devenir un homme heureux.