Un soir, sa fille pose une question. Simple. Presque innocente.Et, contre toute attente, il va bien falloir répondre. Alors elle n'explique pas. Elle écrit.Elle remonte avant.Avant les choix. Avant les erreurs. Avant les versions qu'on raconte pour que tout ait l'air à peu près cohérent. Une femme. Une mère.Ou ce qui se fabrique, parfois de travers, entre les deux. Un Polichinelle dans le tiroir, c'est ce qu'on cache, ce qu'on tait, et ce qui finit, un jour, par s'écrire malgré soi. Sans garantie de réponse. Évidemment.Elle a longtemps cru qu'on pouvait improviser sa vie comme on improvise un voyage: avec de l'élan, peu de cartes, et une confiance assez tenace dans le fait que "ça ira".Elle a vécu, travaillé, aimé, parfois tout à la fois, souvent dans le désordre, et élevé sa fille du mieux qu'elle a pu, ce qui, avec le recul, ressemble à une forme de cohérence.À plus de 70 ans, âge auquel certains rangent leurs affaires, et après vingt ans comme dirigeante d'entreprise à Paris, ayant gardé son énergie et sa lucidité, elle choisit, pour une fois, de ne pas éluder, et de raconter.