Une pensée politique
Au fil de ses recherches, Michel Foucault aura traité d'objets divers : folie, médecine, sciences de l'homme, prison, sexualité, éthique… Il les appréhendait en mettant au jour les contraintes, les normes, les stratégies mais aussi les savoirs et les formes de rationalité qui conditionnaient jusqu'à leur existence. Doit-on aujourd'hui encore le suivre dans cette entreprise au risque de souscrire à la thèse selon laquelle « tout est politique » ? Soutenir une telle proposition nécessite de redéfinir rien moins que le statut de la connaissance afin de saisir le réel et son double - la vérité - pour ce qu'ils sont : un combat, une lutte incessante, un champ de rapports de forces.Au-delà de l'interprétation des écrits de Michel Foucault, « l'oeuvre », c'est-à-dire cette fiction matérialisée, composée d'innombrables documents référés à leur auteur, est ici appréhendée à partir de ses conditions de réception, avec comme objectif de cerner ce qu'elle est encore susceptible de produire comme résonances dans les domaines de la théorie politique et, plus généralement, des sciences humaines et sociales. Une triple ambition anime ce projet : montrer que « l'oeuvre » s'ordonne autour d'un mode de pensée politique ; mettre au jour la tension constitutive des analytiques du pouvoir entre visée critique et connaissance positive ; enfin, expliciter les apports de cette philosophie de la politique qui invite à revisiter l'histoire sous l'angle de la gouvernementalité pour mieux comprendre le présent dont nous sommes les contemporains.