L'homme qui a défié de Gaulle. Georges Pompidou n’est pas l’héritier du général de Gaulle. S’il lui a été loyal, il n’a jamais hésité ni à marquer sa différence ni à exercer sa liberté. La relation entre les deux hommes n’a pas toujours été idyllique. Comme conseiller puis Premier ministre, Georges Pompidou a su obéir au Général sans négliger son autonomie. Pour de Gaulle, la fonction présidentielle relevait d’un lien direct entre la nation et son chef. Pompidou, au contraire, constatait les changements d’une société en ébullition, qu’il jugeait prête à se défaire de sa figure fondatrice. Élu en 1969 à la tête de l’Etat, il veut inscrire sa famille politique dans le jeu des partis, sortir d’un pouvoir charismatique sans pour autant renier complètement l’œuvre du Général. Ce mouvement, interrompu par sa mort en 1974, a laissé des fractures au sein de la droite. Elles sont, aujourd’hui encore, au cœur des divisions qui la traversent, et qu’elle peine à dépasser.