Depuis sa formulation canonique par Hume, le problème de l’induction demeure l’un des nœuds théoriques majeurs, à l’articulation de l’épistémologie et de la métaphysique des sciences. Comment les inférences ampliatives, constitutives de la pratique scientifique, sont-elles être justifiées ? Et comment établir un principe d’uniformité de la nature sans supposer ce qu’il s’agit précisément d’établir : la stabilité des régularités naturelles ? Cet ouvrage entend réexaminer ce problème en desserrant l’emprise du cadre humien qui en a longtemps conditionné les termes.Les contributions réunies ici interrogent les fondements métaphysiques de l’induction à partir des théories contemporaines des lois de la nature, des pouvoirs causaux et des nécessités naturelles ; elles évaluent également les formes que prennent les inférences inductives dans les sciences particulières – de la cosmologie aux sciences du passé profond, de l’économie expérimentale à la science des données. Enfin, des approches historiques (Helmholtz, Peirce, Nietzsche, Michotte, Piaget, Whitehead) permettent de reconfigurer le problème en dehors de sa formulation humienne classique.