« Encore un livre sur la psychothérapie institutionnelle ? » Quel peut bien être l’intérêt d’une énième publication sur le sujet ?La psychothérapie institutionnelle n’avait-elle pas rendu son dernier souffle il y a longtemps déjà ? Cela fait plus de trente ans que certains la déclarent morte et enterrée. Elle n’est plus en mesure de s’appuyer sur ses deux jambes. Le marxisme est passé à la trappe de l’Histoire. La psychanalyse, agonisante, a perdu bien des plumes en France dans l’étouffement suscité par les joyeuses querelles entre les différentes écoles.Cependant, tout en n’étant ni psychanalystes, ni porteurs de l’étendard de la psychothérapie institutionnelle, les deux auteurs, imprégnés par cette pensée, croient fermement que certains apports de la psychothérapie institutionnelle doivent subsister de manière intemporelle dans touteréflexion sur l’institution et sur les soins en santé mentale. Ils abordent dès lors les grands classiques de la psychothérapie institutionnelle retravaillés à partir de leurs expériences et de leurs lectures, pointant clairement ce qui pour eux apparaît tantôt pertinent, tantôt inadéquat, questionnant ou irritant.Que ce soit en pédopsychiatrie ou en psychiatrie d’adulte, les auteurs montrent comment la psychothérapie institutionnelle a permis d’améliorer leur travail, donnant des repères cliniques et institutionnels pour travailler avec les patients et leurs familles, les équipes, les directions, les intervenants du réseau ou encore, les instances politiques. Et qu’elle reste un prodigieux dispositif permettant l’échange, la critique, l’interactivité et la créativité.