Et si “prendre soin” commençait par penser ? On parle beaucoup de bientraitance, de changement, de collectif – des évidences, des mots sacrés, brandis en étendard dans nos organisations. Sait-on encore ce qu’ils veulent dire ? Cet ouvrage s’adresse à celles et ceux qui pressentent qu’il y a, derrière ces termes rassurants, des réalités plus rugueuses. Car la bientraitance n’est pas qu’une posture , le changement, pas qu’un projet , le collectif, pas qu’un mot d’ordre : chacun engage une épreuve, une tension, un risque. En philosophe du travail, l’auteur propose de reprendre soin de penser – de déplier ce qui, derrière le vocabulaire convenu, touche au coeur même de l’agir. On explore ici les vertus managériales : discernement, courage, tenue – ces forces d’âme modestes et tenaces qui permettent de tenir son rôle. Penser peut-il devenir un acte de soin ? Diriger suppose-t-il de se laisser déplacer ? Et si l’éthique, au-delà des slogans idéalisés, prenait corps dans la manière d’habiter une fonction, de cheminer, de faire équipe ? À travers les figures antiques, les paradoxes modernes et les illusions managériales, Prendre soin de penser peint la vertu en exercice, à l’épreuve – exigeante et vivante. Un opuscule incisif, philosophique et concret, pour celles et ceux qui dirigent, accompagnent, soignent – et refusent de réduire l’éthique à une case du tableau de bord.