Dans le silence imposé par la pandémie de Covid-19 en mars 2021, beaucoup ont été amenés à s'interroger sur le sens de leur vie. Pour Natalia Canto, cette période s'impose comme un devoir de mémoire, une nécessité de transmission pour ses enfants. Sans tabous, elle part à la rencontre de ses origines et se reconnecte à son enfance espagnole, espiègle et joyeuse. Ces dix premières années à Valence, vécues dans cette maison partagée, mêlent joies et peines, sans jamais altérer totalement son innocence... ou presque. Au fil de ses recherches, à travers photos, écrits et confidences parfois douloureuses, émergent des secrets de famille et un héritage culturel contrasté : à la fois festif et chaleureux, mais aussi marqué par la rigueur d'un catholicisme pesant dans l'Espagne franquiste d'après-guerre. Le rêve d'exil vers la France, alors perçue comme un eldorado, se heurte à la réalité des années soixante, faite de désillusions et du regard parfois hostile porté sur « l'autre ». À travers ce chemin intime, Natalia Canto explore l'empreinte laissée par ses aïeux, cet héritage invisible qui façonne sa vie et celle de ses enfants. Écrire devient alors un acte de compréhension et de libération : une manière d'apprivoiser ses forces, ses faiblesses, et de donner sens à son histoire.Natalia Canto est née à Valence, en Espagne. Arrivée en France à l'âge de dix ans, l'apprentissage de la langue lui donne très tôt le goût des mots et de la syntaxe. La poésie la conduit ensuite à l'écriture de chansons, lui permettant de devenir sociétaire de la SACEM. Bien que non publiés, un manuscrit, plusieurs nouvelles et une courte pièce de théâtre dorment encore dans ses tiroirs.