Skin Fields nous conduit vers des espaces d’intimité immergés dans des territoires hostiles. C’est le récit d’un voyage quitraverse des frontières géographiques, politiques et religieuses, là où la liberté d’expression se trouve enfermée dans un refugeconstruit par la force — un espace qui nous protège de la violente et blessante mitraille idéologique. Quelle est notre place dansle monde quand nous ne sommes pas acceptés ?Avec l’expérience personnelle de l’auteur comme fil conducteur, les images de ce travail nous rappellent que les libertés etles droits de la communauté LGBTIQ+ sont encore, aujourd’hui, recouverts de couches de violence et de peur. À travers desmétaphores et des dialogues entre images, entre le Liban, la Syrie, l’Espagne et le Kirghizistan, l’œuvre tisse portraits et scènesintimes avec des paysages extérieurs sauvages marqués par la violence — révélant le mur de fer qui se dresse entre le personnelet le public lorsque l’homosexualité n’est pas acceptée et se trouve reléguée à un espace strictement privé.Le contexte juridique de chaque territoire traversé pèse sur chaque image. En Syrie, l’emprisonnement peut atteindre trois ans.Au Liban et au Kirghizistan, sans être un délit, les relations entre personnes du même sexe restent profondément stigmatisées,sans aucune protection juridique. En Espagne, malgré davantage de droits acquis, les actes de haine envers la communauté necessent pas — allant parfois jusqu’à des violences extrêmes contraires aux droits humains universels.Les photographies ont été prises au Kirghizistan, en Syrie, au Liban et en Espagne entre 2018 et 2020. Si certaines peuventaisément être situées sur une carte, d’autres pourraient avoir lieu n’importe où dans le monde. Le travail cherche à universaliserl’intimité — à renverser les préjugés sociaux, raciaux et culturels — en mettant l’accent sur l’horizontalité de l’espace intime. Lapeau devient territoire. Le champ, espace de liberté provisoire. Et l’image, acte politique.