Les gestes filmiques menés en marge de l’industrie cinématographique offrent souvent une hospitalité aux « minces formes du monde ». De nombreux cinéastes et artistes contemporains mettent en lumière nos rencontres quotidiennes avec des figures discrètes et évanescentes qui, traversant le visible, délivrent notre attention de la brutalité d’un monde soumis aux logiques de puissance et de domination. La mise en dialogue d’œuvres se situant à la frontière du cinéma, de l’art contemporain ou de la littérature, avec des auteurs de la philosophie contemporaine (Louis Lavelle, Henry Maldiney, Simone Weil, etc.), montre comment des images, parfois nées d’un simple contact entre une caméra et le monde, peuvent devenir l’index de l’intensité dans laquelle l’existence peut s’éveiller à elle-même.Rodolphe OLCÈSE est maître de conférences en philosophie de l’art et théorie du cinéma à l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne (laboratoire ECLLA) et co-directeur du département de recherche Parole de l’art du Collège des Bernardins. Il a publié plusieurs ouvrages sur les arts filmiques et la philosophie contemporaine.