Prismes rassemble et illustre les deux courants qui traversent la production de l’auteur genevois Laurent Galley : la poésie et l’essai. Soit, d’une part la recherche d’une expression sensible, et d’autre part la proposition d’une intelligibilité. Comme le suggère son titre, ce recueil de prose poétique se veut une multiplicité d’outils, d’instruments à voir le monde. Chaque page, comme chaque jour, est une nouvelle voie tracée entre l’expérience et la connaissance. Cette dernière ne se fige jamais en un énoncé définitif ; elle est, comme la lumière, en mouvement constant. Ainsi, un autre jour viendra, qui balaiera les fragiles édifices du savoir comme cendres au vent, et relancera l’exploration aussi jouissive que vaine des choses qui nous entourent : « La richesse de la vie excède ce que notre entendement et notre sensibilité peuvent retenir ou maîtriser – le sublime est ainsi à notre portée dans la plus modeste des contemplations, dans la plus anodine des perceptions. La lumière consume tout ce qu’elle touche comme se dégrade un coloris sur une toile. La lumière est vide et elle contient tout. Ne reste qu’à la faire parler. »