La dissolution du personnage, la mise en cause du narrateur, la dispersion des formes, la multiplication des perspectives sont autant de symptômes d'une crise de la narration traditionnelle inaugurée par les années vingt et dont les prolongements se font sentir jusqu'à nos jours. Si l'on cherche à décrire les aspects de cette mutation, il est difficile d'éviter la tentation de l'éclectisme tant la réalité envisagée apparaît changeante et multiple. Aussi ne s'agit-il pas d'entreprendre encore une fois une description plus ou moins complète du kaléidoscope des faits, mais plutôt de comprendre, à partir d'une hypothèse unifiante, quelles tendances historiques travaillent en profondeur le chaos apparent des expériences narratives. Le personnage, le narrateur, l'agencement du texte et le lecteur qui les découvre sont considérés sous l'unité du concept de volonté et la crise du roman, entendue comme crise de la volonté dans le roman, peut être pensée de manière organique. Les œuvres étudiées de Borgese, Green, Perutz, Pirandello et Kafka, sont explorées comme des machines textuelles dont chacune exprime un moment particulier de cette crise de la volonté.