Est injuste toute guerre d’agression et, en revanche, est juste toute guerre de défense contre une agression. Cette approche considère le caractère strictement limité des justifications morales et juridiques du recours à la force dans les rapports interétatiques. Elle confère à la légitime défense une centralité normative. La guerre juste n’est pas forcément celle qui produit de bons résultats, mais celle qui répond à une injustice initiale clairement identifiable et dont l’horizon est le rétablissement de la paix. Le principe de la proportionnalité de la justice après la guerre stipule que la fin de la guerre doit donner lieu à des conditions acceptables par toutes les parties selon ce qui est nécessaire au rétablissement de la paix. L’agression rompt l’état de paix et la concorde sociale. L’agression fonctionne donc comme un seuil moral ; car, tant qu’il n’est pas franchi, le recours à la guerre demeure injustifiable, quelles que soient les intentions alléguées.