Le traité Zera‘im (« les Semences »), dont les soixante-quatre pages recto verso de Berakhot constituent le premier maillon, porte dans la littérature talmudique un autre nom : « Ensemble de la foi ». Et c’est bien la foi qui s’exprime dans Berakhot, à travers les bénédictions récitées dans chaque circonstance, le rituel des prières, la lecture du Chema et par d’autres règles de la vie quotidienne.En arrière-plan, se dessine la description minutieuse de l’existence des communautés juives d’Erets-Israël et de la Babylonie à l’époque de la Michna et du Talmud, leurs prières, leurs espoirs et leurs rêves, matin et soir, aux époques de calme et de guerre, alors que mille récits conduisent à légiférer et rapportent d’édifiantes allégories.Dans cette profusion de couleurs, au-delà de la multitude des thèmes abordés et des innombrables détails, l’uniformité et l’intégrité de Berakhot procèdent d’une idée-force : rendre concret ce qui ne l’est pas, en imprimant aux réflexions essentielles sur la vie et la métaphysique des actes d’une extrême minutie que la foi vient féconder. Cette détermination fut toujours au coeur de chaque oeuvre rabbinique créative. Mais elle est davantage prononcée dans Berakhot, sous-tendue par la foi, la certitude intellectuelle et la conviction intime d’un lien perpétuel et indéfectible entre Dieu et l’homme.