La figure d’Émile Mâle (1862-1954), natif de l’Allier, ne parle plus guère aujourd’hui qu’auxhistoriens d’art et aux amoureux du patrimoine. Fugacité de la gloire ! Ne fut-il pas un de nos plusgrands historiens d’art, le fondateur de l’iconographie (l’art de décrypter les images), un artisan majeurde la redécouverte du Moyen Âge, un éminent professeur de la Sorbonne, un influent directeur del’École française de Rome, un double académicien, un talentueux écrivain ?Si l’on en croit les biographies officielles, les sites clés qui auraient jalonné ce brillant itinéraireseraient essentiellement urbains : dans l’ordre chronologique, Saint-Étienne, Toulouse, Paris, Rome.Paris surtout.Mais si l’on dressait une cartographie affective des lieux qui ont compté pour ce chantre de l’artchrétien, c’est le Bourbonnais qui arriverait en tête et Commentry, Bellenaves, Ébreuil, Chantelle,Colombier, Tronçais, Souvigny… qui composeraient sa litanie amoureuse intime.C’est cet attachement au Bourbonnais auquel s’intéresse Raphaëlle Maraval dans cet ouvragerichement illustré qui dévoile des aspects par trop méconnus du Commentryen en même temps qu’ilravive l’éclat de sa province bien-aimée.