Les pages m’accordent encore un peu de leur temps.* * *La poésie c’est la franchise du langage.* * *L’éternité n’est qu’une successionininterrompue d’éphémères.Soubresauts, éclosions soudaines d’une sensibilité jusque-là ignorée, produit d’une météo intérieure, elles sont là, et nourrissent ce petit recueil de l’imprévisible, comme une pluie d’orage, inattendue.Endormies ou brutalement réveillées, sans raison, dans un incompréhensible sursaut, elles viennent, à l’improviste, chatouiller une paume devenue inerte par la paresse cumulée de multiples instants.Non invitées, elles s’obstinent à devenir mes compagnes d’habitude.Discrètement, elles toquent aux textes, s’excusant – presque – du dérangement, mais m’ostracisent, provisoirement, du monde.Ces périphéries mélancoliques – car il faut bien les nommer – proches ou, parfois, plus sournoisement lointaines, petites sœurs du quotidien, cheminent, le temps d’une lecture, dans la chevelure de ces pages, comme un chagrin d’existence incompris mais tenace.