Essoré par les vents de la nuit, vivre ducisaillement de l’air.*Humains, plus que jamais, avec cettefragilité qui demeure notre seule force.*Et notre rage, oui notre rage, face aux chiens degarde qui, pour un plat de lentilles, hurlent avec lesloups, complices de l’abjection.*Je n’aime vraiment que ceux qui saignent leursmots, comme on s’ouvre les veines, puis se terrent etse taisentcar parler encore serait trahison.Jean-Noël GUÉNO a été mal élevé : on ne lui a pas appris « l’arrogance, le mépris des autres », on ne lui a pas « forgé, dans un monde de brutes affamées de pouvoir, une mentalité de tueur ».À mauvaise éducation, poète intègre, révolté, incapable de compromissions. Fidèle, qui « vibre de ses amis » : Cadou, Rousselot, « puis une multitude bigarrée comme la vie, poètes de plein vent, souvent des enragés de l’âme, jamais des faiseurs, des poseurs, des bateleurs de vent médiatique ».Sa poésie est forte de sa pureté : beaucoup de blanc, très peu de mots, jamais un mot de trop.Jean-Noël GUÉNO est une voix, une voix dense. Frappe chez lui la centration spirituelle sur un noyau dur, psychiquement inentamable, la concentration lapidaire de son écriture, la cohérence, la consubstantialité de son éthique et de son esthétique.Dans un règne d’imposture, Jean-Noël GUÉNO fait partie de ceux qui ne trichent pas.J. H.