Entre utopie philosophique et plaisir savant
À la fin du IVe siècle après J.-C., on peut raisonnablement supposer que plus personne en Égypte n’était capable de comprendre, et encore moins de composer, un texte en hiéroglyphes. Il faudra attendre le XVe siècle pour que l’Égypte antique suscite un regain d’intérêt chez les hommes de la Renaissance, et qu’émerge une théorie originale sur les hiéroglyphes égyptiens. Les humanistes et les artistes appliquèrent alors cette théorie, qui présentait les hiéroglyphes comme un moyen d’expression universel, en créant leurs propres inscriptions néo-hiéroglyphiques dont on trouve des traces dans des éditions imprimées et sur quelques peintures. Cette mode des néo-hiéroglyphes ne durera pas plus d’un siècle, mais la théorie sur laquelle elle était fondée survivra jusque dans l’œuvre extravagante du père Athanasius Kircher qui, au XVIIe siècle, mit les hiéroglyphes égyptiens au service de la foi.Puisant dans un corpus d’inscriptions riche et soigneusement analysé, Jean Winand livre une histoire de la réception des hiéroglyphes hors d’Égypte à la Renaissance, fruit d’un travail de près de vingt ans.