Notre rapport à la maladie grave et à let#8217;abandon : let#8217;éclairage des humanités médicales
Originale, sensible et puisant dans plusieurs domaines scientifiques, une exploration essentielle de ce que signifie être malade.La survenue d’une maladie grave modifie le regard porté sur la personne qui en est atteinte. Les liens avec les très proches se resserrent, les autres relations peuvent se distendre au point d’aboutir à des formes d’abandon du malade et, souvent aussi, de ses aidants. Cet ouvrage s’intéresse à la manière dont la maladie grave bouleverse nos relations sociales et dont celles-ci affectent notre santé. Il explique pourquoi nos sociétés isolent les personnes malades, aggravant leur condition. Il démontre qu’à l’opposé, le soin peut renforcer notre résilience individuelle et collective. En son coeur, il montre combienles relations de soin sont vitales, essentielles à la survie et au développement non seulement des enfants mais aussi des adultes, comme en témoignent de nombreuses données scientifiques en psychologie, en anthropologie ou en épidémiologie, en particulier sur l’influence des déterminants sociaux de santé.Dès lors, un changement de paradigme de la médecine s’impose : celle-ci ne peut s’en tenir à un modèle biologique individualiste, elle doit impérativement prendre en compte les dimensions relationnelles et sociales de la santé. En réactualisant et en développant le modèle biopsychosocial de la maladie et de la santé, les auteurs esquissent cette approche, plus large, de la médecine. Avec profondeur et clarté, leur argumentation articule de nombreux témoignages de malades et d’aidants avec des données issues tant des sciences humaines que des sciences biomédicales (psychologie, psychanalyse, anthropologie, épidémiologie, neurosciences).Cet ouvrage mérite d’être considéré comme un manifeste sur la façon de concevoir et de développer les humanités médicales. · Neil Vickers est professeur de littérature anglaise et d’humanités en santé au King’s College de Londres où il codirige le Centre for the Humanities and Health.· Derek Bolton est professeur émérite de philosophie et de psychopathologie à l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences du King’s College de Londres.