La construction de la réputation, de la qualité et de la marque du cognac
Le cognac n’a pas échappé aux mutations des systèmes commerciaux, nationaux ou internationaux, durant les années 1850-1910. Comme pour le vin ou le rhum, le soubassement des ventes des « eaux-de-vie de Cognac » reposait sur les capacités d’approvisionnement, de stockage, de crédit et de préparation des maisons de négoce ; des assemblages étaient même effectués pour répondre aux vœux des consommateurs. Cependant, une révolution prend corps, celle des marques des producteurs eux-mêmes, en Charente comme en Gironde pour les « châteaux ». La préparation et la maturation du produit final débouchent sur une référence solide : le cognac s’affirme en tant que symbole du vignoble charentais ; des marques de producteurs l’incarnent désormais, et Hennessy en est l’un des représentants. S’appuyant sur des fonds d’archives français et anglais, Thomas Mollanger expose dans cet ouvrage comment se sont forgés un capital de réputation, une marque, des critères de qualité stables et fiables, et comment se sont redessinés les circuits de distribution, au fur et à mesure de l’augmentation de la consommation chez les bourgeoisies, dans les hôtels-restaurants et dans les bars.