N’est-il pas étrange qu’un pape, Pie XI admirateur de saint Thomas d’Aquin, auquel il consacra l’une de ses premières encycliques ait mené une lutte acharnée contre l’AF, pourtant très proche du « Docteur angélique », et contre les thomistes eux-mêmes ? Ce paradoxe interroge. Faut-il en chercher la source dans la formation que ce pape reçut lorsqu’il était étudiant à Rome ? N’aurait-il pas été marqué par un néothomisme en bien des points étranger au thomisme authentique ? Cette orientation ne l’aurait-elle pas conduit à intervenir dans un domaine qui, a priori, n’était pas le sien : la réconciliation franco-allemande, faisant ainsi passer la religion au service de la politique ?