Architecte, Giuseppe rénove une villa en bordure de Rome lors d’un été caniculaire qui le marquera à vie. La chaleur alanguit les corps, les nuits sont étouffantes, les songes viennent, étranges, décousus. Mais cet été, il y a surtout une rumeur qui circule dans les rues de Rome jusqu’à venir attraper Giuseppe à la terrasse d’un café sur la place du Campo de’ Fiori. La rumeur parle d’une île, un rocher perdu dans la Méditerranée, un caillou au cœur d’une crise humanitaire, politique, migratoire : l’île de Lampedusa. En compagnie de Giuseppe, un homme en errance et déraciné à sa façon, confronté à une réalité qui le dépasse, le lecteur traverse la canicule des journées romaines autant que la mer pour découvrir l’île de Lampedusa devenue tragiquement le centre du monde.Poétique et sensuel, le premier roman d’Elsa Régis, Un abri pour Lampedusa, est une quête d’humanité, un élan vers l’autre ouvrant une brèche dans l’atmosphère brulante et pesante de l’été. L’autrice nous emporte par son écriture langoureuse, flottante, envoutante, faite de silence, de sensualité dans les tensions discrètes entre les personnages (romance et bromance à la fois), corps qui se frôlent à peine et se tiennent à distance, une sorte de détachement dont se dégage pourtant une grande émotion et sensibilité, comme si le narrateur manquait de mots, ou de courage pour les trouver. Nous plongeons ainsi dans une lecture caniculaire, poétique et mélancolique pour explorer l’amitié, l’amour et la solidarité.