Poésie
« Enchantée le matin, désenchantée le soir — et la parenthèse, entre, qui respire et qui doute. »Quatre-vingt-un poèmes traversent la nuit en neuf mouvements et un envoi : la transcendance, l'autre, l'éros, thanatos, le spleen, la beauté, le monde, l'épouvante, la femme.Du bénitier au lit, du calvaire au baiser, France Gautier écrit ce qu'on préfère taire : le sacré chassé des églises et réfugié dans les corps, l'amour qui ressemble à une blessure douce, l'ennui des jours sans, la mort en robe de fête — et cette obstination à trouver le monde beau quand même.Une poésie qui fait nuit, et qui ne renonce jamais à la lumière.France Gautier n'écrit pas « à la manière de » : elle écrit avec. Avec Baudelaire et son spleen, Poe et son corbeau, Rimbaud qui se tait, Dickinson et ses tirets. Et dans la filiation assumée de la langue de Mylène Farmer, qui la première a mêlé la grammaire et le sang.Sonnets, litanies, quatrains, vers libres, distiques, poèmes en prose : la forme change parce que la douleur, la joie et le désir ne logent pas dans le même vase. Chaque poème s'ouvre comme une parenthèse, un abri bref où tout peut se dire, avant de se refermer sur son secret.Lecteur, lectrice, si tu ouvres ce livre, c'est qu'une part de toi, aussi, fait nuit. Entre. La chambre est rouge, mais le café est chaud.Désenchante-toi. Et réenchante-toi.