Une utopie à défendre
L’État, l’entreprise, l’association: trois institutions censées organiser la vie commune, et qui semblent aujourd’hui poursuivre des objectifs contradictoires. Le marché a envahi le service public, la concurrence a percuté la solidarité, la hiérarchie s’est imposée comme une évidence indiscutable. Le constat est connu; on s’y résigne.Cet essai refuse la résignation. Il revisite l’acratie, cet idéal de société qui met à distance toute forme d’exploitation, politique, économique ou culturelle, et fait confiance à la liberté d’action et de jugement de chacun.Non pas un monde sans État ni sans entreprise, mais un monde de structures plus modestes: des territoires autonomes et fédérés, gérés par ceux qui y apportent leurs savoirs et leurs expériences; un statut social et un patrimoine garantis à chaque personne; un État recentré sur ses principes fondamentaux plutôt que sur son pib.Une utopie? Précisément. Encore faut-il se souvenir que les utopies ne décrivent pas l’impossible; elles mesurent ce que le présent refuse d’imaginer.