Tristan du Cheyne-Bonpère n'a qu'un dessein : faire partie des écrivains qui se comptent sur les doigts des deux mains, un pouce ou un auriculaire, même s'il préfère le majeur, tendu. Il en est déjà intimement persuadé ; ne manque plus que l'émergence de l'évidente reconnaissance de ses pairs, une simple question de temps. Margot, la jeune femme qui corrige ses textes, traverse également cette histoire, tout comme Nadine, l'ex femme de Tristan. Et aussi Joseph, étudiant en chirurgie dentaire fraîchement débarqué de Yaoundé, moustache habilement taillée, doté d'une collection déjà bien fournie de regards qui disent " Oui " : ces silences pudiques ou licencieux qui cristallisent nos hésitations, nos appréhensions, qui économisent la salive, qui épargnent les tympans ; qui assourdissent bien plus que tous les hurlements du monde.