Les pages de cet ouvrage succinct n’ont pas abordé la réalité du chemin de manière directe, frontale. Choix a été d’en saisir les résonances à partir de trois grands domaines existentiels : la vie (chapitre 2), les relations (chapitre 3), la foi (chapitre 4). Psychologiquement, le chemin évoque le devenir. On ne corrige pas une vie comme on rectifie une erreur technique. On chemine. Les détours ne sont pas forcément des échecs, mais des passages.Marcher, aller en chemin suppose d’accepter de ne pas tout voir à l’avance, d’habiter le pas suivant sans garantie. Le chemin n’est jamais totalement visible ; on ne voit qu’un fragment, un horizon qui se déplace. C’est précisément cette incomplétude qui fait sa profondeur. Le chemin n’est pas seulement ce que l’on suit ; il est ce qui nous façonne pendant que nous croyons le parcourir. La notion de chemin implique un sens, un objectif, un endroit où je veux aller contrairement au chemineau, au vagabond qui n’a pas de perspective de chemin.Cet essai a clairement voulu montrer combien la pensée arc-boutée sur la réalité du « chemin faisant » gagne en dynamisme et met fortement en perspective. Il s’agit vraiment d’être vigilant pour ne pas se laisser prendre dans les filets d’une approche fixiste développant des concepts statiques qui emprisonnent au lieu d’ouvrir de nouveaux horizons. Pour toutes les réalités étudiées, il importe de se poser la question : que deviennent-elles chemin faisant ? La prise en compte pédagogique de l’inscription dans la temporalité porte vraiment de beaux fruits.