À Séville, à la fin du douzième siècle, Daoud, adolescent obscur de la cour du Calife, est arraché à son premier amour, la sœur du souverain. Il est envoyé en formation chez Ibn Rushd, le Grand Cadi de Séville, puis de Cordoue.Ibn Rushd n’est pas seulement le premier juriste du califat, il est philosophe et le commentateur médiéval d’Aristote. Il démontre la compatibilité du rationalisme et de la Révélation.Daoud, son apprentissage achevé, est rappelé par Yaqub Al-Mansur, le dernier des grands califes Andalus, qui fait de lui son Premier ministre.Dès lors, Daoud, déchiré entre sa loyauté envers son souverain et sa passion pour la sœur de celui-ci qui ourdit complot après complot, se trouve plongé au cœur des luttes de pouvoir qui agitent la cour, comme des discordes qui traversent la société islamique.Dans le même temps, Ibn Rushd, le champion d’un Islam de la raison, se heurte à l’incompréhension d’un clergé jaloux de son pouvoir. Celui-ci finit par l’emporter.En 1197, dans un furieux autodafé dont les vapeurs ne se sont pas toutes dissipées, l’Islam brûle avec l’œuvre d’Ibn Rushd, celle de tous les philosophes. Il n’est de science que le Coran, proclame-t-on. Tout se fige en Orient.Pourtant, Daoud parvient à sauver les manuscrits de son maître et n’a d’autre recours, dans une rencontre avec le futur Saint Dominique, que de les faire passer en Occident.Le roman s'arrête là, mais on sait quelle part posthume, Averroès, le Grand Commentateur prendra dans l’émergence du rationalisme européen.Une épopée vieille de neuf siècles dont l’écho résonne aujourd'hui encore …