Le gaisoir empiriste« Il faut sauver les phénomènes. »Cette formule antique traverse toute l’histoire de la philosophie occidentale. Mais que signifie réellement « croire » au monde, aux apparences, au sensible ?Des présocratiques à David Hume, de Friedrich Nietzsche à Martin Heidegger, en passant par José Ortega y Gasset et Gilles Deleuze, cet ouvrage propose une vaste généalogie de la croyance, de l’imagination et de la raison. Contre les dualismes qui opposent l’être à l’apparence, il montre comment la pensée naît d’abord d’une confiance originaire dans le donné sensible, dans le temps vécu, dans l’expérience immédiate du monde.Loin d’être une illusion secondaire, l’apparence devient ici la condition même de toute vérité possible. La raison ne précède pas la croyance : elle en procède. Le sujet humain se constitue à travers l’imagination, l’inférence, les passions et les relations sociales, dans une dynamique où connaître revient moins à découvrir une essence cachée qu’à élaborer des formes de cohérence au sein du réel vécu.À la croisée de l’histoire de la philosophie, de la phénoménologie et de l’empirisme, ce livre explore les origines esthétiques, morales et ontologiques de la pensée occidentale, et propose une méditation ambitieuse sur la nature humaine, le sensible et les puissances de l’esprit.