Les multiples chocs économiques et géopolitiques de ces dernières années semblent avoir fragilisé le commerce mondial. En interrompant les flux au sein des chaînes de valeur mondiales, ces chocs ont agi comme un rappel des interdépendances nées de la mondialisation des échanges. Dans le monde idéal de Montesquieu, le « doux commerce » contribuait à la stabilité mondiale par le climat de confiance qu'exigeaient les échanges entre partenaires économiques. Aujourd'hui, cette théorie semble remplacée par celle d'une compétition féroce, où tricheries et menaces s'accompagnent de politiques protectionnistes. Ce « chacun pour soi » sème le désordre dans un marché hyper-mondialisé, dont tous les participants étaient supposés gagnants.L'objectif de cette étude est double : dresser un état des lieux de l'évolution des chaînes de valeur industrielles depuis la crise financière de 2007, et mesurer combien les chocs récents ont infléchi les trajectoires observées. Assiste-t-on réellement à un processus de démondialisation ? L'organisation mondiale de la production est-elle en cours de transformation ? Pour y répondre, cette Note s'appuie sur les données des échanges de biens, qu'elle met en perspective avec l'état de l'art existant.