Officiellement un pater familias hétérosexuel, Hugo savait ses gouffres de voyeur, d’exhibitionniste ithyphalle et incestueux, de « rôdeur de barrières » à tendances pédérastiques. Cependant, falsificateur de l’Histoire, exonérant d’homosexualité les « génies », en pensant à lui, ? que d’aucuns, à l’exemple de Verlaine ou de Gide, considéraient comme amateur de garçons, ? mais accusant gratuitement ses ennemis de sodomie, les dignitaires du Second Empire calomniés de ce chef, l’écrivain se trahissait dans ses livres. Connaissances très étendues sur l’inversion. Thèmes et personnages exsudant l’homophilie. Exaltation des jeunesse et beauté masculines, des adolescents, soldats ou marins. Chastetés problématiques d’une collection d’hommes-vierges et au comportement maternel, Jean Valjean ou Cimourdain en tête. Mœurs des prisons, Claude Gueux et son compagnon emblématiques. Habitudes des voyous, la troupe de Patron-Minette ambiguë. Travestissements répétés. Hommes efféminés, femmes viriles. Etc. Poursuivie sur sept cents pages serrées, l’audace de l’affirmation d’un Hugo homosexuel est assise sur une démonstration et une érudition sans failles. Elle permet de lire autrement l’auteur des Misérables, les penchants personnels de l’écrivain éclairant son œuvre qui, loin de se trouver dénigrée, n’en apparaît que davantage un monument d’humanité, de sensibilité.