Exclusions et rapports d’altérité post-frontières
Mayotte, petite île de l’océan Indien, est devenue le 101e département français en 2011. Politiquement séparé des Comores depuis 1975, ce territoire expérimente les conséquences du décentrement d’une frontière européenne au sein d’un archipel aux traditions de circulations insulaires anciennes. Depuis trois décennies, l’île connait d’importants bouleversements, marqués par une croissance démographique et des flux migratoires soutenus. Cet ouvrage s’intéresse aux différentes figures des jeunesses précaires de Mayotte, prises dans des logiques d’exclusion et des rapports d’altérité complexes suite à l’instauration des frontières politique et administrative dans l’archipel comorien. Pour comprendre ces transformations, l’auteure analyse la manière dont les générations « post-frontières », nées après 1995, et leurs familles s’approprient le nouveau cadre normatif européen. Elle propose une approche comparative entre les Comores et Mayotte afin de saisir les différentes places accordées aux jeunes et les difficultés auxquelles sont confrontées les familles comoriennes face à une politique de lutte contre l’immigration qui, souvent, nie les droits des enfants. La complexité des rapports sociaux trouve ainsi ses origines dans une altérisation conflictuelle historique avec les Comores et, plus largement, le continent africain.