Depuis plus d’un siècle, l’œuvre de Léon Bongrain est demeurée totalement invisible.Au début des années 1920, cet ancien mécanicien automobile fit pourtant une apparition aussi brève que remarquée dans le paysage artistique parisien. Exposées par un marchand du Douanier Rousseau, ses aquarelles étonnèrent critiques et collectionneurs par leur étrangeté et leur subtilité. Le peintre Tsuguharu Foujita en acquit même une. Puis, Bongrain disparut. Aucune de ses peintures n’avait traversé les ans, pas même une reproduction. Si l’artiste était toujours cité dans les références de l’art naïf, ses œuvres restaient introuvables.En 2023, une découverte aux puces fit resurgir un carton à dessins contenant quarante-six aquarelles accompagnées de bribes d’archives personnelles. Comme par miracle, l’une des œuvres les plus mystérieuses de la modernité réapparaît. La galerie parisienne Loeve & Co rachète finalement l’ensemble des œuvres à l’homme qui les a dénichées, avec pour objectif de les exposer et de les rendre publiques. Souhaitant rendre hommage à un artiste aussi talentueux qu'énigmatique, Stéphane Corréard (de la galerie Loeve & Co) décide également d’en faire un livre : une monographie consacrée à Léon Bongrain, réunissant l’ensemble des œuvres retrouvées.Présenté ici pour la première fois, l'art de Léon Bongrain révèle un univers d’une singulière intensité — une « peinture primitive moderne », habitée d’idéalisme, de visions intérieures et d’un mysticisme déconcertant. En plus de reproduire l'intégralité des œuvres découvertes, ce livre propose aussi une présentation complète de l’artiste et de son travail.