CONTRIBUTIONS DE THOMAS FABRE, JUSTIN SOUBANERE, LAURE BONNEVIE, D’AGNÈS GOLFIER ET FREDERIC PITAVAL
« Pour quelles raisons devrait-on instituer des droits de la nature, et en quoi seraient-ils plus efficaces que les droits de l’environnement, et tout particulièrement en matière de gestion de l’eau ? Telle est la question à laquelle ce livre cherche à répondre à partir de cas particuliers (…). » Dominique BOURG Cet ouvrage, dirigé par Dominique Bourg et Ernst Zürcher, interroge la pertinence et l’efficacité des droits de la nature face aux limites du droit moderne de l’environnement, en particulier dans la gestion de l’eau. À partir de quatre études de cas – la lagune de Mar Menor en Espagne, les marais de Bourges, l’Assemblée populaire du Rhône et les écosystèmes forestiers –, il montre les insuffisances d’un droit anthropocentré, largement structuré par des logiques économiques. Le livre met en évidence l’échec des dispositifs juridiques classiques à protéger durablement les milieux vivants, comme en témoigne la dégradation de la lagune de Mar Menor. Face à ce constat, les auteurs explorent l’émergence des droits de la nature, en plein essor à l’échelle internationale depuis une quinzaine d’années. Ces droits ne visent pas à compléter le droit existant, mais à en transformer les fondements, en reconnaissant aux écosystèmes une existence juridique propre. Les études présentées analysent des expériences concrètes de gouvernance, associant scientifiques, citoyens et institutions, et expérimentant de nouvelles formes de décision intégrant les non-humains. L’ouvrage propose ainsi une réflexion à la fois théorique et empirique sur les conditions d’une refondation du droit, capable de prendre en compte les interdépendances du vivant et les exigences d’une nouvelle relation aux milieux naturels.Patrick FRÉMEAUX Dominique Bourg, philosophe et professeur honoraire à l’Université de Lausanne ; spécialiste des limites planétaires, il dirige également les collections audio Frémeaux / PUF. À ses côtés, Ernst Zürcher, ingénieur forestier et professeur émérite, apporte une expertise scientifique sur les écosystèmes forestiers et les relations entre forêts, eau et climat. La jeune recherche est représentée par Thomas Fabre, doctorant en philosophie, et Justin Soubanere, politiste, qui analysent droits de la nature et gouvernance écologique. L’ouvrage intègre aussi la société civile avec Laure Bonnevie, Agnès Golfier et Frédéric Pitaval, membres de l’association id·eau.