Moritz Meister, un auteur au fait de sa carrière, vient d’achever l’écriture de son grand-œuvre après 22 ans de travail. Honoré par les institutions littéraires, reçu par le Pape, adoré par la critique, Meister vit dans un monde d’idées et cite Goethe à l’envi. Dans l’immense maison que lui prête gracieusement la ville, propriété d’une famille juive avant la Seconde Guerre mondiale, il reçoit une doctorante, un journaliste ou encore son éditeur, tous venus boire ses paroles. Avec ces personnages gonflés par leur vanité, Thomas Bernhard laisse transparaître les illusions du milieu culturel, la permanence de l’antisémitisme et l’isolement mortifère de l’écrivain dans sa tour d’ivoire littéraire.