L'empathie par le jeu
À la sortie du premier Life Is Strange en 2015, l'histoire de Max et Chloe, portée par une esthétique héritée du cinéma indépendant américain, a apporté une bouffée d'air frais dans un paysage vidéoludique alors saturé d'images virilistes. Peu de studios édités par des machines de guerre comme Square Enix pouvaient, à ce moment-là, se permettre de mettre en scène des personnages féminins désexualisés ou queers avec des problèmes de santé mentale.Néanmoins, alors qu'elle était pensée comme une anthologie, la licence Life Is Strange a progressivement viré à la franchise, s'emparant des codes des blockbusters. Ce qu'elle dénonçait dans son premier volet, la nostalgie toxique, l'a contaminée elle aussi, et la passation entre les studios Don't Nod et Deck Nine Games ne s'est pas fait sans heurts. Avec l'appui d'entretiens exclusifs menés avec Jean-Luc Cano, Michel Koch et Raoul Barbet, cocréateurs de Life Is Strange, l'autrice Léon Cattan invite, à travers cet ouvrage, à comprendre ce qui a rendu cette saga, en particulier ses premiers volets, si précieuse pour des milliers de joueuses et de joueurs.