Il est peu d'amitiés qui ne menacent, à un moment donné de leur développement, de tourner à l'aigre. Or, entre épistoliers, on ne peut échanger de lettres acrimonieuses que si l’antagonisme garde ne serait-ce qu’un soupçon d’attachement amical. Ce ne sont donc pas tant des haines que des inimitiés spécifiquement épistolaires et littéraires qu’analysent les contributions de ce volume. L’ennemi littéraire constituerait-il une sorte d’alter ego? Prendre son adversaire à partie n’est-ce pas un moyen efficace de travailler son style? L’animosité palpable dans la correspondance de l'épistolier rejaillit-elle concrètement dans l’œuvre de l'écrivain?Telles sont les interrogations qui guident l’exploration des correspondances fielleuses ou tout au moins inamicales, établies à partir d’un corpus d’étude appartenant à l’après-révolution romantique.