Exotisme et anti-impérialisme dans les circulations Sud-Nord
Peut-on encore dire que l’Amérique latine est une région périphérique à l’époque de Bad Bunny ?Cet ouvrage vise à questionner une fausse évidence : l’Amérique latine serait une région qui écoute plus qu’elle ne se fait entendre, un espace périphérique, négligé et dominé. Les contributions réunies ici questionnent toutes, d’une façon ou d’une autre, cette évidence.Des soirées tropicales madrilènes aux réseaux démocrates-chrétiens italo-chiliens, des perceptions européennes du football brésilien aux cercles zapatistes italiens, ce livre rassemble des recherches s’intéressant aux circulations d’idées, de personnes ou d’objets culturels qui interrogent l’idée habituelle selon laquelle ce sont les pays du Nord qui produisent, exportent et diffusent leurs innovations au reste du monde. Les travaux ici réunis montrent exactement l’inverse : ils sont consacrés à des objets qui circulent « à l’envers » par rapport aux idées communes, en allant du Sud vers le Nord, du « dominé » vers le dominant. Ces réalités, loin d’être minoritaires, sont surtout invisibilisées dans les représentations dominantes de la mondialisation. S’inscrivant dans un dialogue critique avec les études transnationales, décoloniales et post-coloniales, ce livre invite ainsi à une réflexion sur les liens complexes entre exotisme, impérialisme et anti-impérialisme dans la structuration des relations Sud/Nord, entre l’Amérique latine et l’Europe.