Dans cet essai inclassable publié pour la première fois en 1979, Jack D. Forbes ôte de la bouche de Christophe Colomb le mot de « cannibale ». Il renverse ainsi l’accusation : ce ne sont pas les peuples autochtones, mais la civilisation occidentale qui dévore ses semblables, minée par le wétiko – virus de l’esprit dont les symptômes sont la cupidité, l’exploitation et la domination.À la vision héroïque de la conquête du Nouveau Monde, il oppose une thèse cinglante. La naissance du capitalisme et l’expansion européenne reposent sur une logique d’exploitation généralisée, qui a engendré écocide et génocide.Au-delà de la dénonciation, son livre est aussi une invitation à penser l’avenir de nos sociétés sans la notion de profit et à restaurer le lien rompu entre l’humanité et l’écosystème terrestre dont elle fait partie.