Et lorsque j’apprendrai que j’aurais pu dévoiler mes cartesQue j’aurais pu d’un geste effacer le voile et paraître au grand jourQue j’aurais dû sous la toile laisser percer quelques signesQu’il n’attendait que celaQu’il aurait peut-être été troublé, mais qu’alors, il aurait suffit de ne pas tremblerIl aurait suffi de se présenter : « Adam, j’ai besoin de te voir, j’ai besoin de ce temps avec toi, j’ai besoin de tes mots, de ton regard, j’en ai besoin pour ma sérénité. »Lorsque j’apprendrai que j’aurais pu m’exposer ainsi et qu’il n’aurait sans doute pas ri, sans doute pas fui, comme je risque de regretter de ne pas l’avoir fait !Tout tremble dans le texte d’Adam et Bérénice. Pièce immobile où trois êtres hallucinés vont passer leur existence à tenter de mettre des mots sur ce qui les construit et les détruit en même temps : la présence de l’autre.En passant du trivial au sublime, de l’immobilité à la danse, en manipulant le vocabulaire et la syntaxe comme des armes ou des caresses, en confondant la violence des sentiments et la poésie de leur expression, Adam, Bérénice et Maxence jouent.Vingt-trois scènes comme autant de variations, d’esquisses, d’une sonate, d’un tableau, mille fois recommencés et qui ne seront jamais finis.