bienvenue en terres hostiles
« Ce métier est l’incarnation de la liberté absolue. Ceux qui viennent y chercher un maître, devrait s’en éloigner au plus vite. On ne peut y être esclave que de l’écriture. C’est le contraire du comptable, l’ennemi du chiffre, même s’il faut faire attention dans certains pays à ce que le stock de dollars ne diminue pas trop vite, sinon on se retrouve coincé. Si l’exigence de tenir les comptes surgit à un moment, ne soyons pas naïf, dans l’exercice du “job”, c’est la beauté qui domine, même lorsqu’on côtoie l’horreur. Beauté de la narration, beauté du verbe, celui qui retranscrit au mieux, beauté du mot juste.Je ne suis pas militaire, même si nous partageons avec eux – nous les reporters – les mêmes terrains de jeu et les mêmes difficultés à revenir à la maison. Il n’y a qu’une question de temporalité qui nous sépare. Comme me le confiait un capitaine américain dans les rues de Bagdad, “la différence entre vous et moi, c’est que moi, je suis condamné à vivre dans ce trou à rats pendant six mois. Vous, vous pouvez partir quand vous voulez” ».