Depuis le milieu du 20e siècle, le complexe chimique d'Estarreja, au Portugal, a rejeté dans ses sols, ses fossés et sa lagune des quantités massives de résidus toxiques – mercure, arsenic, métaux lourds –, faisant de cette ville la plus polluée du pays. Visites en terres confinées est un essai graphique et ethnographique qui donne à voir, en 144 peintures réalisées à partir de photographies de terrain, les lieux emblématiques de cette histoire environnementale : une décharge de boues industrielles, un dépôt de cendres confiné, un fossé réhabilité, une nappe phréatique contaminée, une lagune agonisante et une zone humide en voie de reconquête. L'ouvrage alterne images colorées, voix d'habitants, d'ingénieurs et de chercheurs, pour restituer non pas la catastrophe brute, mais les lents processus de réparation et de mémoire collective.Nourri de quinze ans de recherches interdisciplinaires au sein de l'Observatoire Hommes-Milieux Estarreja (CNRS/Labex Driihm), cet essai à la croisée de l'anthropologie, des sciences de l'environnement et de la création graphique se veut résolument accessible et positif : il documente ce qui a été fait, ce qui reste à faire et tout ce que des populations « vivant avec » la contamination ont appris à regarder autrement. Un livre à la fois scientifique, militant et sensible, destiné autant aux chercheurs qu'au grand public.