Été 1943-automne 1944
Portraits tout en nuance des épurés et de leurs épurateurs, au coeur d'une zone grise de l'histoire de la Seconde guerre mondiale.L'épuration extrajudiciaire en Côte-d'Or débute dès l'été 1943. Elle est initiée par les maquis pour se protéger, s'affirmer et éliminer les collaborateurs et les traîtres. Ce processus connaît un ralentissement au printemps 1944, sous l'effet de la répression impitoyable de la police allemande et de la collaboration des forces de police française. L’été 1944 marque une phase aiguë avec de nouveaux procédés (enlèvements, embryons de justice dans les maquis), durant laquelle la rumeur publique et les préjugés jouent aussi un rôle indéniable dans la désignation des cibles : dénonciateurs, collaborateurs, étrangers (notamment Allemands, Suisses et Italiens) et "Nomades". Après la Libération, l'épuration extrajudiciaire se poursuit, se caractérisant notamment par des tontes publiques de femmes accusées de collaboration. L’épuration de proximité laisse des traces durables dans la mémoire locale, marquée par la permanence de zones d’ombre.