La fin des secrets ?
Deux crashs. Deux avions d’Air India. 48 victimes en 1950. 117 en 1966. Presque au même endroit, dans des circonstances restées floues. Aucun rescapé. Les corps abandonnés.Depuis, débris et restes humains dérivent dans les glaces du mont Blanc, que le réchauffement climatique met à nu, été après été, accélérant la remontée à la surface de fragments du passé. Ces découvertes macabres fascinent. Mais elles éclipsent souvent l’essentiel : le contexte du crash de 1966, survenu en pleine guerre froide, et qui coûta la vie à une figure majeure, le père du programme nucléaire indien, Homi Jehangir Bhabha.C’est en enquêtant sur le premier crash du Malabar Princess que Françoise Rey avait découvert l’existence de cet autre drame. Plus récent. Plus meurtrier. Étrangement, il avait été effacé des mémoires, y compris locales. Comment un événement d’une telle portée avait-il pu sombrer dans l’oubli ? A-t-on voulu cacher certaines réalités ?La publication en 1991 de Crash au Mont-Blanc, les fantômes du Malabar Princess amorce un début de réactivation mémorielle. Déjà émergent des versions divergentes du récit officiel de l’accident.En 2012 et 2013, les découvertes spectaculaires d’une valise diplomatique, puis d’une cassette de pierres précieuses retrouvées dans les glaces relancent l’intérêt mondial pour ces crashs. Pourtant, le professeur Homi Jehangir Bhabha est à peine évoqué. Pourquoi ? Il n’était pas un inconnu pourtant, mais une figure scientifique internationale de premier plan. Il avait présidé la conférence « Atoms for Peace » à Genève en 1955… Alors pourquoi reste-t-il le grand oublié d’une histoire qui, elle, ne meurt jamais ?