Sur la période 1982-2025, quarante-trois ans de politique rizicole au Sénégal révèlent un paradoxe : malgré des milliards de dollars investis et une production multipliée par cinq, le pays reste dépendant des importations pour 75 à 80 % de sa consommation.L’étude retrace trois phases majeures : l’effondrement du « grenier » casamançais après 1982 et le basculement vers la Vallée du Fleuve Sénégal ; la crise du modèle néolibéral (2000-2020), marquée par l’endettement des producteurs et l’absence de synergies entre bassins ; enfin, l’intensification récente et l’opportunité historique ouverte par l’accord de paix de 2025 en Casamance.D’où vient cet échec relatif ? Concurrence du riz asiatique subventionné, incohérences des politiques publiques, séquelles du conflit, vulnérabilités environnementales. Mais surtout, une logique de substitution territoriale qui a pris le pas sur la complémentarité productive.L’auteur montre ainsi qu’une refondation stratégique s’impose pour engager le pays sur la voie de l’autosuffisance alimentaire.