Un roman inachevé de Gustave Flaubert
"Bouvard et Pecuchet" (Gustave Flaubert) s'ouvre à Paris, par une rencontre fortuite entre deux employés copistes qui découvrent leurs noms inscrits dans leurs couvre-chefs et l'identité de leur condition. Leur amitié se noue aussitôt, nourrie par des conversations ininterrompues, une curiosité grandissante pour les sciences, les livres et les institutions, et le dégoût progressif du bureau. Un héritage inattendu bouleverse leur existence : Bouvard apprend qu'il est le fils naturel reconnu d'un homme décédé, et qu'il doit recevoir une part considerable de la fortune, après des tensions familiales et des démarches légales. Cette aisance rend possible leur projet : se retirer à la campagne pour "réparer le temps perdu" et se consacrer à l'étude.Le roman suit alors, par chapitres et essais successifs, leurs entreprises d'apprentissage et d'application pratique : agriculture et experiments domestiques, chimie (jusqu'à l'éclatement d'un alambic lors d'une distillation), puis études de géologie, d'histoire, et d'autres domaines qu'ils abordent à partir de manuels, de cours et de lectures contradictoires. Leur quête de certitude se heurte sans cesse à des classifications instables, des savoirs divergents et a l'écart entre théorie et réalité, entrainant deceptions, conflits locaux et retours en arrière. Le manuscrit publiés'interrompt avant la conclusion definitive : "Ici s'arrête le manuscrit de Gustave Flaubert", suivi d'un extrait de plan indiquant une "conference" et des oppositions (maire, cure, notables, population) autour de leurs idees et de leurs actes. Le geste final annonce, au coeur du projet, un retour a l'activité de copistes : "Copier comme autrefois."