De quoi la Renaissance est-elle le nom ? Les historiens européens ont fait de la Renaissance un moment-clé de l'histoire mondiale, pour lequel la fascination universelle ne s'est jamais démentie. Le public comme les universitaires, loin de se détourner d'une période devenue ambivalente d'un parti à l'autre, ne cessent de revenir aux grands noms sur lesquels prospère l'image de cette période charnière : les grands artistes comme Raphaël et Michel-Ange, les écrivains fondateurs tels que Dante et Pétrarque, ou encore les grands défricheurs de terres et de savoirs, à l'instar du génial Léonard de Vinci. Ces gloires, pour les plus importantes, sont italiennes. L'historiographie classique, la plus répandue dans le public, relayée par les cours d'histoire de Michelet ou les commentaires de Stendhal, est fondée sur un postulat pourtant battu en brèche depuis longtemps : l'idée que le Moyen Âge était une période sombre et obscure, que l'Italie aurait permis de clore en ramenant à la lumière les trésors et les savoirs d'une Antiquité idéale. Si ce schéma simpliste est abandonné depuis longtemps par les chercheurs, il demeure dans l'inconscient collectif comme une vérité générale difficile à conjurer. Pourquoi la Renaissance est-elle si puissamment enracinée dans les représentations mentales ? Depuis quand parle-t-on de " Renaissance ", alors que le terme est absent des textes contemporains ? Comment, en définitive, les hommes et les femmes de la Renaissance se sont pensés et pourquoi cette pensée surnage-t-elle encore aujourd'hui ? Enfin, l'Italie est-elle réellement la seule à impulser un mouvement de renaissance en Europe, ou n'est-elle que la gagnante d'une rivalité européenne beaucoup plus large ? Répondre à ces questions essentielles, paradoxalement absentes de l'historiographie, offrira aux lecteurs des clés pour comprendre l'admiration collective qui entoure la Renaissance, par-delà l'arc de cinq siècles qui nous sépare de cette époque, dont le dynamisme intellectuel et le foisonnement artistique ouvre aussi un champ de réflexion sur notre propre temps. Un essai accessible et d'une lecture limpide qui faisait défaut.