Découvertes par David Stromberg dans les archives du Forverts, le grand journal yiddish de New York, les chroniques, rédigées par Isaac B. Singer à la fin de 1955 lors de son premier voyage en Israël, ont une densité émotionnelle et symbolique qui déborde le journalisme ordinaire.Ce Voyage en Israël, sous l’apparence de notes prises au jour le jour, est comme un rêve éveillé. Ce que Isaac B. Singer voit bouleverse son monde intérieur, lui faisant revivre toute sa vie en Pologne, ramenant à sa mémoire l’entière bibliothèque du judaïsme.Il ne s’attendait visiblement pas aux émotions que suscite en lui ce qu’il découvre : le judaïsme séfarade, si lointain et si proche, l’hébreu partout écrit et parlé, le sentiment d’être revenu dans sa famille, la reviviscence d’un monde perdu, comme une annulation de la mort.Mais bientôt, avec angoisse, avec le sentiment d’un Éternel Retour, il aperçoit la reviviscence parallèle d’Amalek, l’incarnation du mal absolu. La menace qui pèse à l’intérieur et à l’extérieur d’Israël est celle qu’Isaac B. Singer connaît depuis toujours.