D’un côté, il y a un exposé hégélien du droit international. L’État est au centre du système, ses intérêts, sa souveraineté, son pouvoir restent largement inaltérés. Le droit international ne contraint pas les États, il n’en est qu’un instrument d’action. L'État reste toujours supérieur au droit qu'il contribue à créer. Il peut s'en libérer pour des intérêts vitaux qu'il apprécie lui-même. De l’autre côté, l'exposé d'un droit international supérieur aux États, un ordre juridique international permettant la sortie de l'émiettement, du bric-à-brac d’actes épars de pratique, pour devenir un système cohérent de fonctions, à savoir la production du droit, sa mise en œuvre, sa sanction ; l’État s’y insère comme une pièce à laquelle est assigné sa place, tout en subissant la discipline communautaire. En proposant ces traductions des deux extraits du Wesen de E. Kaufmann confronté à la Verfassung de A. Verdross, Robert Kolb donne aux lecteurs francophones des éléments propres à nourrir les débats liés au renouvellement d'un droit international public pour le vingt-et-unième siècle.