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XVIIE SIECLE 2025, N.308

Date de parution 03/10/2025
EAN: 9782130878049
Disponibilité Disponible chez l'éditeur
La modernité, selon Reinhard Koselleck, commencerait lorsque le passé, le présent et le futur deviennent trois dimensions proprement historiques, c’est-à-dire des représentations distinctes, mais liées entre elles par des rapports de causalité. Ainsi... Voir la description complète
Nom d'attributValeur d'attribut
Common books attribute
ÉditeurPUF
Nombre de pages208
Langue du livreFrançais
FormatOther printed item
Type de produitLivre
Date de parution03/10/2025
Poids322 g
Dimensions (épaisseur x largeur x hauteur)1,20 x 15,50 x 24,00 cm
La modernité, selon Reinhard Koselleck, commencerait lorsque le passé, le présent et le futur deviennent trois dimensions proprement historiques, c’est-à-dire des représentations distinctes, mais liées entre elles par des rapports de causalité. Ainsi conçue, elle serait en Europe le résultat final d’un long processus opéré entre 1500 et 1800. Or, au cœur de cette vaste période, les décennies qui forment la charnière entre les XVIe et XVIIe siècles représentent une époque de crise, encore accentuée par le défaut de maîtrise des mots et concepts susceptibles d’énoncer le changement de régime d’historicité en cours. La sanglante crise de l’unité chrétienne du XVIe siècle s’achève sur une fragile stabilisation politique, immédiatement mise à mal par la guerre de Trente Ans. La science nouvelle bouleverse les savoirs traditionnels autant qu’elle excite une curiosité galvanisée par la circulation des imprimés. La chronologie, qui permet de mesurer l’âge du monde depuis la création, devient objet de débats alors que s’élargissent les horizons géographiques et temporels. L’historiographie n’est plus seulement sacrée, mais est censée écrire l’histoire des monarchies et des populations de cette nouvelle Europe qui s’organise en nations tout en s’ouvrant au monde. On ressent alors que tout a changé, ou plutôt que tout change au présent, mais la perception de la nouveauté, la relation au passé et la projection vers le futur sont encore loin d’être intégrées dans la conscience du progrès et dans l’écriture de l’histoire : la temporalisation des faits et des époques les unes par rapport aux autres fait encore problème, ou plutôt elle constitue un problème en tant que tel.